l'art et la manière

Inutile de  mentir, je n’aime pas tout le monde. Je déteste même certain(e)s . Je ne me rabaisserai cependant pas ici aux insultes et autres écarts de langage. On peut gueuler en restant polie, non ?
Vendredi 2 mai 2008

Ce que nous avons fait le 1er mai ? Une balade, ou plutôt une visite. Et nous ne sommes pas rentrées les mains vides. Cela n'a pas été facile de s'organiser pour les dédicaces. Mais je serai heureuse de vous glisser un petit mot.

Où trouver Toutes les chattes ne sont pas grises, même la nuit ?

 

Les Mots à la Bouche 6, rue Sainte-Croix 75004 Paris

Violette & Co 102, rue de Charonne 75011 Paris

Librairie État d’Esprit 19, rue Royale 60001 Lyon

Les Mots pour le Dire 33, rue des trois Mages 13001 Marseille

Librairie Scrupules 26 rue du faubourg Figuerolles 34070 Montpellier

 

Si vous souhaitez une dédicace ou si vous habitez d’autres contrées, un bon de commande est à votre disposition sur le site des Éditions l’Aile et la Plume

Mon éditeur me fera parvenir chaque ouvrage à dédicacer avec votre prénom ou votre pseudo. N’oubliez pas de lui communiquer votre véritable identité et votre adresse afin de recevoir votre livre.

 

Toutes les chattes ne sont pas grises… sera disponible en librairie le 17 mai, journée mondiale de la lutte contre l’homophobie.

Pour les dédicaces, vous pouvez faire parvenir votre commande dès le 10 mai. Ainsi vous recevrez votre exemplaire le 17

par Jo publié dans : Je communauté : Courtisanes et courtisées
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Dimanche 20 avril 2008

Même Roxy n’en revient pas. Elle me regarde avec ses grands yeux humides, consciente d’être tombée dans une famille d’exception.

Je résume :

 

Vendredi nous sommes (toutes les trois) emmenées de force par une copine à Bordeaux. Je l’avoue, on en mourrait d’envie. Toute une semaine à travailler loin de chez elle, on lui a offert la pension. Et toute cette semaine, mieux chez nous qu’à l’hôtel, Sandy (ou Sandra pour l’État civil) nous a parlé de sa nouvelle vie avec sa nouvelle moitié. Bizarre chez l’humain d’avoir des moitiés interchangeables à volonté.

Aïe ! Pas sur la tête mon chaton d’amour que c’est toi que j’aime et personne d’autre. Je ne parlais pas de moi, évidemment. T’es la seule, l’unique, l’irremplaçable.

Après ce violent intermède dans la rédaction de nos souvenirs…

On arrive dans la nuit, ce qui justifie notre silence soudain, car avec les codes du blog en tête on vous emmène aussi (bien entendu).

Après une courte nuit, on découvre Bordeaux. Une très jolie ville quel que soit le temps, par chance. La matinée extra se prolonge dans un bar, où Sandy nous présente d’autres copines. Quatre couples de nanas se retrouvent chez elle pour déjeuner.

On mange un peu, on boit un peu plus (sans véritable excès toute fois). Et la conversation dérape sur la journée contre l’homophobie du 17 mai. Ben oui, même en week-end il nous arrive de réfléchir. Les invitées (sauf nous) s’en vont, non sans nous avoir invitées à leur tour à une sortie le samedi soir. En fait, elles partent vers 17 heures, ce qui leur et nous laisse juste le temps de se préparer avant de se retrouver.

Sur l’ordi de Sandy, je poste (samedi pour celles qui n’auraient pas suivi) le texte que j’avais préparé pour vendredi. On fait un tour à quatre dans le quartier vers 18 heures, car on sort sans Roxy. Et malgré tous nos conseils, elle ne sait pas se servir des toilettes comme nous. Quand mon portable se manifeste.

« C’est l’éditeur ! » Je lui avais demandé de me prévenir dès que la date de sortie de mon bouquin serait arrêtée.

« Le mercredi 21 mai » m’annonce-t-il.

Je pourrais être contente, seulement notre discussion de l’après-midi titille mon intellect (ne riez pas, j’en ai un).

« C’est possible le samedi 17 ? »

« Pourquoi ? » me demande l’éditeur qui n’a pas l’air très au fait.

Je lui explique (en priant pour que la batterie ne soit pas à plat avant la fin des pourparlers : 10 minutes) la raison qui rend cette date est importante à mes yeux. Pourquoi ne pas m’associer, d’une certaine manière, à la journée internationale contre l’homophobie ? Je n’arrive pas à ne pas me sentir concernée après tout.

« Je ne vous promets rien, mais je vais faire mon possible. Je vous envoie un texto dès que je sais. » conclut-il avant de raccrocher.

Inutile de vous dire que je suis un paquet de nerfs toute la soirée, et que j’ai du mal à trouver le sommeil. Et comme je ne dors pas, j’empêche les autres de le faire. Si bien qu’avec Sandy, Cathy (sa femme), Sonia (la mienne au cas où certaines l’auraient oublié) et moi, on passe un peu de temps sur le blog, ce qui donne le nouvel entête. Puis, enfin vaincue par la fatigue, je m’abandonne dans les bras de Morphée qui a pris l’apparence de mon chaton.

Dimanche midi j’allume mon portable… Vous avez un nouveau message : « Oui pour le 17 »

 

Oh ! Jamais je n’aurais cru participer un jour personnellement et activement à cette journée. C’est peut-être idiot, et plusieurs penseront qu’il s’agit d’un coup de pub opportuniste (je m’en fous), mais je suis heureuse. Le 17 mai 2008, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, Toutes les chattes… sera disponible.

T’as vu Roxy ? Elle est trop forte ta maman.

par Jo publié dans : Je communauté : Courtisanes et courtisées
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Samedi 19 avril 2008

Les grands penseurs de ce monde – pas du vrai qui est ailleurs – se sont réunis, afin de savoir si la part de l’agriculture dédiée aux biocarburants avait une incidence sur la flambée des prix de l’alimentation.

Pas de problème en France, à moins d’interdire aux Russes de faire de l’alcool avec des patates. Demandez à la grande absente du moment, Djou l’Ail – on t’aime Djou, reviens-nous –, si la vodka n’entre pas dans la catégorie des biocarburants.

Pour le reste ? L’alimentation de base des « pays crève la faim » est le riz. Bon ! Plus de saké au japon, sinon vous allez vous faire saquer.

C’est quand le jour où on arrête de nous prendre pour des cons ? D’abord les gens qui se sont réunis ont bouffé (et dormi aussi) à nos frais. Alors les économies, je ne vois pas trop quand on y pensé sur ce coup. Et le riz n’a jamais donné de biocarburant que je sache ! Ou je n’ai pas tout suivi.

 

Levez le doigt celles et ceux qui on suivi ! M’ouais… je vous la fait « maths sup » : des pays riches (arrêtez de fantasmer, les premiers concernés n’étaient pas invités à cette réunion, donc pas invités à bouffer sur ce coup) ont dépensé de l’argent (le nôtre hé ! Pas le leur) dans un colloque qui n’a abouti à rien. Ces gens ont osé nous dire : « après mûre réflexion en guise d’apéro, suite à de nombreux débats comme plat de résistance, nous pouvons affirmer en dessert que la part de l’agriculture dédiée aux biocarburants n’a aucune incidence sur la flambée des prix de l’alimentation.

 

Oh ! On le savait. Vous n’avez rien de neuf à nous apprendre ? … Non ! … Donc vous avez dépensé notre oseille (shit ! désolé pour le jeu de mots : parler d’oseille sur un post concernant les pays qui n’ont rien à bouffer dans le monde…) pour rien.

 

Tremblez, affameurs. Les affamés se réveillent.


Nous somme absentes jusqu'à dimanche soir, et je poste cet article de loin. Mais on ne vous oublie pas. Nous répondrons demain soir. Amusez-vous, aimez-vous et plus si affinités

par Jo publié dans : Je communauté : Homo sensualité ..
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Jeudi 17 avril 2008

Pas évident d’écrire une scène de sexe sans tomber dans la vulgarité, d’amener la puissance de sentiments à travers le charnel. Je m’y suis essayée, j’ai tenté de nous mettre en scène, voici le résultat. Et mon chaton ne m’en veut pas, car elle est consciente que ce n’est qu’un jeu d’écriture.

 

 

Le désir pouvait se réveiller, affluer dans les veines, les emporter au gré de leur passion dévorante. Les mots ne suffisaient plus, ne venaient plus, alors les corps allaient se faire les instruments des cœurs.

Sonia posa deux mains avides sur le chemisier de sa compagne. Un bouton craqua sous la fébrilité du geste. La poitrine sursauta, flattée de l'attention. Les paumes glissèrent sur la peau brûlante.

De son côté Jo souleva le pull de son aimée, libéra les seins impatients. Ses doigts vibrèrent à distiller la première caresse, à susciter une première réaction d'orgueil.

Les étoiles du ciel d’été révélaient les saphiques nudités dans la pénombre du salon. Les yeux s'extasièrent sur les courbes, les monts et les vallées, comme la première fois. Puis amante et maîtresse reculèrent sans se toucher, exécutant un étrange ballet sur une musique intérieure, audible par elles seules, elles se laissèrent tomber sur le canapé.

Aussitôt Sonia partit à la conquête de l’inconnu, de l’entraperçu. Car chaque étreinte était pour elle une révélation.

Jo accepta son rôle de victime, le revendiqua. Les lèvres tremblantes glissèrent sur sa poitrine fière, son ventre plat, sur sa blessure intime source de vie. Elle se soumit aux caresses et aux baisers, tandis que ses mains parvenaient à peine à rendre une partie du bonheur reçu.

Sonia s'appropria l'arrondi des formes, s'en délecta. Le désir devint plaisir, le premier cri succéda aux gémissements. L'encouragement décupla son audace, l'incita à se perdre dans les nymphes.

Le temps ne s'écoulait plus, n'importait plus. L'étreinte, fatale dans sa plénitude, s'éternisait sous le regard complice de la lune. L'exaltation s'offrait en sacrifice à leur amour.

Jo rejeta la boule de feu, menace de la dévastation, dans le fol espoir de prolonger la communion, de repousser l'inéluctable. Ne rien précipiter, attendre, laisser la maîtresse de sa vie exprimer pleinement ses sentiments, dans ce langage si particulier qui se passait de mots.

Puis elles s'abandonnèrent à l'ivresse partagée, l'un d'offrir, l'autre de recevoir. Une clameur monta aux cieux, à la fois abandon et victoire.

Jo accepta l’inévitable, l'orgasme la déchira soudain, irradia de ses rayons ardents chaque parcelle de son âme.

Enorgueillie d'une telle victoire, Sonia reçut la délivrance de son amante en offrande, se délecta de la vue, du parfum et de la saveur de celle qui était sienne à tout jamais.

par Jo publié dans : Je
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Mercredi 16 avril 2008

Une heure et dix minutes, voila le temps que je viens de passer sur vos blogs, à lire par-ci et écouter de la musique par-là.
Moi ? Désolée, je n'ai rien préparé pour aujourd'hui. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. Alors juste quelques lignes à main levée, avant de m'occuper de Roxy, du dîner, du linge, du courrier, de...

"Oh chérie ! Tu te dépêches de rentrer ?" Si même les femmes consignent leurs nanas dans les tâches ménagères, où va le monde ?

 
par Jo publié dans : Je
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Lundi 14 avril 2008

Je ne vous demanderai pas si vous avez été sages, certaines seraient capables de mentir. Voici donc la couverture. J'espère que tout passera bien, car je ne connais pas le format autorisé de la photo. Il est possible que la couleur ne soit pas tout à fait exacte (bleu-gris dans la réalité).

par Jo publié dans : Je communauté : Culture Lesbienne
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Vendredi 11 avril 2008

Voici ce que j’ai reçu dans la nuit, écrit par la délicieuse Émilie, qui se rappelait de la date. Même si une faute de frappe dans un com chez les geek sisters précise le 12 au lieu du 11. Je copie donc, en priant pour que la mise en forme soit respectée. Merci beaucoup Émilie, ton cadeau me touche énormément. Je précise que non,  Émilie ne me vouvoie pas, elle a pensé aussi à ma tite Sonia.



J
e viens par le biais de ce petit mail ....


 (
Oh certes, ce n'est qu'un texte très simple mais les mots que

 
   j'
Y mets me viennent d'un trait

 
        Et je ne

 
       pe
Ux donc les remplacer, alors avec ces quelques mots,

 
     je veu
X vous remercier


                                        pour ce que vous m'
Apportez,

 
                                                            réco
Nfort,

 
                                                       soutie
N


                                                        et b
Ien autres encore

 
                                                   à tra
Vers vos mails,

 
                                         vos articl
Es,

 
                                     alors me
Rci pour tout.

 
            Petit à petit, je reprend
S

 
                                   confi
Ance en moi.

 
C'est pas tous les jours fac
Ile, mais grâce à vous, j'y arrive et ce avec


                               vot
Re précieuse aide,)

 
                          .... t
E souhaiter un très  JOYEUX ANNIVERSAIRE  Joie


                                                                                                              
Optimisme


                                                                                                              
Ecoute


                                                                                                              
Lucidité


                                                                                                              
Légèreté


                                                                                                              
Exemplaire

par Jo publié dans : Je communauté : Courtisanes et courtisées
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Jeudi 10 avril 2008

Ce n’est pas moi ni ma tite Sonia qui avons fait l’article d’aujourd’hui. Voici la fiche de mon bouquin telle qu’elle sera à paraître très bientôt :

 

Titre : Toutes les chattes ne sont pas grises, même la nuit

 

Auteur : Joëlle Borrel

 

 

Quatrième de couverture :

Joëlle Borrel voulait être considérée comme tout le monde. Sa vie aurait été celle de tout le monde, si la discrimination n’existait pas. Car les regards et les remarques blessent, elle a forgé son caractère, tel un mur protecteur et solide.

Elle menait une existence sans problème, jusqu’à ce jour d’août 2004. Sa rencontre avec Sonia bouleversa ses habitudes, et remit en question le fragile équilibre instauré à force de sacrifices.

 

Sans fausse pudeur ni voyeurisme, Toutes les chattes ne sont pas grises… retrace un parcours atypique parsemé de rencontres, de drames, de coups de gueule, de déceptions, aussi de joies et d’espoirs. Un parler franc qui en fait un témoignage humain.

 

 

Extrait :

« Combien de malheureuses sont livrées à un sort cruel faute de compréhension familiale ? Combien de filles, dont le tort est d'en aimer une autre, se retrouvent à la rue, théâtre de tous les dangers, abandonnées par ceux-là même qui devraient les aimer plus que tout ?...

…Le rôti me laissa un goût de cendres dans la bouche, celui de la peur. Le véritable amour nous était donc interdit. Quelle engeance maléfique s’arrogeait le pouvoir de nous en dénier les joies, pour nous cantonner dans la souffrance ? Notre vie était-elle si absurde qu'on nous refusât jusqu'au simple droit d'exister ? Alors pourquoi vivre ?

Je comprenais pourquoi certaines refusaient de s’attacher, pourquoi moi-même avais mené une vie dissolue avant de rencontrer Sonia. Une relation suivie entraînait cette peur de l'abandon détestable. Oui, mieux valait quitter que prendre le risque d'être quittée. On ne s’attachait pas, on ne souffrait pas en retour. »

 

 

Avis de notre comité de lecture :

Ce livre nous a séduits par sa fraîcheur et son allant. Les propos tenus par Melle Borrel font de Toutes les chattes ne sont pas grises, même la nuit un ouvrage pertinent sur la vie d’un couple homosexuel dans une société attachée à certains tabous.

 

 

Genre : témoignage

ISBN : 978-2-917767-00-9

Format : 148 X 210

Dos carré collé 206 pages

 

Prix : 18 €

 

Si vous êtes sages, la couverture suivra. Si vous êtes très sages, n’est-ce pas ?

par Jo publié dans : Je communauté : Culture Lesbienne
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Mercredi 9 avril 2008

Un jour on rencontre une personne. On se surprend à parler en confiance, alors on se confie. Puis on s’avance, on oublie la réserve coutumière, on en dit encore plus. Ensuite on s’engage, on oublie toute retenue, on se livre totalement à l’autre, physiquement et moralement. On décide de construire un avenir commun, or un avenir commun mérite la confiance. Donc pas de secret, on se dit tout.

Un matin on se réveille près de l’être aimé, son regard sur vous a changé. Pourquoi ? Car au fond de soi on n’a pas tout dit. Un petit rien, qu’on pensait avoir oublié, a grippé la belle machine. L’être aimé s’interroge, un silence peut cacher bien des choses. Et puis se taire revient à dire qu’on n’a pas confiance.

J’ai eu la chance de rencontrer cet être qui me pousse chaque jour à montrer ce qu’il y a de meilleur en moi. Cette chance, je n’ai pas le droit de la gâcher. Ma tite Sonia a compris la semaine dernière, quand elle a dit « Jo me cache quelque chose ». Elle avait raison.

Un évènement qui laisse une trace dans mon âme, et dont je ne suis pas sûre de guérir un jour. Grâce à un article (le destin nous appartient) d’Anne sur son blog, j’ai trouvé la force d’en parler à ma douce. C’est elle qui m’a conseillée de faire un article. J’espère que vous n’allez pas me juger trop mal.

 

Pourquoi l’homophobie me rend malade (sans jeu de mots) ?

 

Il y a quelques années, j’étais au lycée dans une toute petite ville. Je me savais lesbienne mais n’avais aucun moyen de le faire savoir, encore moins d’assouvir ma passion. Comme mon père devait être muté à Paris en juillet (juste après mon passage de seconde en première) et que toute la famille suivait, je rongeais mon frein en pensant aux possibilités prochaines de m’épanouir.

Vers la fin de l’année, quand la moitié du bahut était occupé par les examens, on avait beaucoup de temps libre. J’étais un après-midi en train de lire, assise au pied d’un arbre à l’ombre, dans un endroit reculé près du gymnase. Je n’aimais pas la compagnie des garçons, et je n’osais pas traîner avec les filles de peur qu’on découvre mon attirance. Donc je me retrouvais seule la plupart du temps.

Des hurlements m’ont arrachée à ma lecture, et j’ai risqué un œil sans quitter l’abri du tronc d’arbre. Il y avait au bahut un garçon sélectionné pour les championnats de France scolaire de gymnastique. Il avait l’autorisation de venir s’entraîner seul, et comme les cours étaient terminés, il passait beaucoup de temps au gymnase. Le problème (?) est que ce garçon était efféminé. Vous imaginez les réactions.

J’ai compris que deux autres l’avaient attendu, planqués derrière la porte. Ils l’ont attaqué dans le dos de manière ne pas se faire reconnaître, et ils l’ont massacré à coups de pied. C’était atroce de l’entendre hurler de douleur. Je n’osais pas bouger car j’avais peur qu’ils m’aperçoivent et s’en prennent à moi. Je croyais qu’ils allaient le tuer.

Ensuite ces deux salopards sont passés près de mon arbre sans me voir. Ils se marraient en disant « qu’ils l’avaient bien niqué ce pédé ». Et moi je les ai reconnus, des branleurs de terminale qui draguaient toute les filles (même moi j’y ai eu droit) et qui insultaient celles qui leur résistaient (j’y ai eu droit aussi). J’ai cru devenir folle de les voir rire après ce qu’ils venaient de faire.

Le pauvre gars s’est retrouvé à l’hosto avec plusieurs côtes cassées. Les gendarmes ont fait une enquête. J’aurais pu les dénoncer, j’aurais dû même. Mais j’avais peur de ce qu’ils pouvaient me faire pour se venger. Alors je n’ai rien dit. J’avais la trouille à l’époque, à 16 ans. On est parti pour Paris et j’ai essayé d’oublier cette histoire. Comme si on pouvait oublier un truc pareil.

 

Aujourd’hui j’ai honte de ne pas être intervenue à l’époque, ensuite d’avoir fermé ma gueule. Et puis la honte, c’est difficile à admettre. Car ça vous renvoie vos erreurs en pleine tronche sans arrêt. Ça fait mal au point de se demander si on n’est pas aussi responsable que les vrais coupables.

Alors à chaque fois que j’assiste à une scène homophobe, même minime, la honte remonte à la surface et je suis capable de faire n’importe quoi. Ma tite Sonia d’amour a dit que maintenant qu’elle savait, elle saurait me contrôler. Comme j’en ai parlé, peut-être que cette histoire me sortira de la tête.

Vous connaissez mon plus terrible secret. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop.

par Jo publié dans : Je
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Mardi 8 avril 2008

Paris je t’aime.

 

Je t’aime Paris, quand la colère gronde en tes flancs meurtris par les lances et les flèches des despotes. Je t’aime quand la Seine bouillonne de ta colère justifiée. Je t’aime quand ta foule assoiffée de justice se dresse en David contre Goliath. Je t’aime quand tes enfants se proclament « fils de Jaurès », « enfants de la Commune ». Je t’aime de te savoir debout ce matin, lavée de la boue imposée, grâce au courage de tes manifestants exaltés.

Et que des policiers français aient arraché des drapeaux tibétains (notre ministre de l’Intérieur vient de diligenter une enquête interne à ce sujet), comme s’ils étaient à la solde du dictateur étranger, ajoute à la valeur de ton geste, de ta révolte. Parisiens, que vous êtes beaux dans la révolte. Parisiens je vous aime !

 

Quarante ans après les dernières barricades, le lundi 7 avril 2008, notre superbe capitale a de nouveau résonné des appels à la liberté. Aisé de deviner, à travers les « Tibet libre ! » et autres « Libérez les dissidents chinois ! », la colère d’un peuple qui se refuse à avaler des couleuvres aux yeux bridés, fussent-elles drapées dans la soie olympique et dans les contrats économiques passés entre nos bourgeois ventripotents et leurs dirigeants. Car ne pensez pas que l’attribution des jeux servira le peuple chinois, elle ne servira qu’à asseoir davantage l’autoritarisme.

Les jeux ? Je ne suis même pas pour le boycott. La décision de les accorder à Pékin, tant il est avéré (et avoué) que les membres du comité profitent de largesses au moment du choix, se comprend par l’empressement du gouvernement à nous mettre sous le nez les contrats signés par nos industriels.

L’argent de ces contrats a une odeur : l’odeur de la sueur des ouvriers français spoliés, l’odeur du sang des ouvriers chinois réprimés.

 

Histoire

 

Avant, la flamme quittait Olympie pour le pays organisateur. Rien de plus normal que de passer le flambeau symbolique. En 2004, la Grèce (berceau de l’Olympisme) a fait un tour du monde avec la flamme ? J’ai personnellement trouvé cette initiative très belle, car nul doute que les Grecs avaient à l’esprit la volonté de rassembler derrière des valeurs sportives universelles. Et le monde était en fête. Le monde est en colère aujourd’hui.

Vous savez qui a imposé un parcours à ce symbole ? Goebbels, chef de la propagande hitlérienne pour les jeux de Munich en 1936. Quel précédent ! Maintenant, le gouvernement chinois n’a jamais caché sa volonté de s’approprier le symbole d’union sportive sur les cinq continents. Les hommes forts de Pékin, qui crachent à la face du monde depuis longtemps, ont imposé « leur parcours » comme une provocation.

Donc, sans remettre en cause la participation des sportifs aux épreuves en août, on peut s’étonner de voir des instances républicaines ouvrir nos portes à la flamme.

 

Douche froide à Paris pour la flamme du diktat chinois.

 

Les évènements de Paris, après Londres et avant les USA, m’ont rendu le sourire. Non : la fierté n’est pas morte en France. Les dirigeants chinois veulent nous faire sentir le souffle du dragon. Que le dragon prenne garde à l’esprit de révolte qui secoue la terre. Même les plus partisans de la répression dans leur pays respectif se taisent, font profil bas.

 

David Douillet pleure la fête gâchée ? S’il en avait autant dans la tête que dans les bras, il aurait refusé de porter la flamme, et de se prêter à cette mascarade. Car l’esprit olympique est là, dans cette capacité de faire ce qui est juste, de prôner les valeurs du respect. Pas de faire plaisir aux sponsors et aux organisateurs de jeux.

 

Puisque cette flamme devait à tout prix traverser le monde pour le plaisir malsain du gouvernement autocratique pékinois, je l’aurais fait porter par des flics et des militaires. L’image aurait alors été plus proche de la vérité de la place Tien an men.

 

Et puisque ces dictateurs font payer aux familles des condamnés à mort la balle assassine tirée dans la nuque de leurs fils, pourquoi ne leur enverrait-on pas la note du passage de la flamme à Paris ?

 

Pourquoi vous riez, les filles ? Être une faible femme n’empêche pas d’avoir des choses à dire.

par Jo publié dans : Je communauté : Culture Lesbienne
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A lire, à retenir

Présentation

Un peu de moi

  • : Jo
  • je-tu-elles
  • : J'aime les femmes ? Et alors, ça aurait pu être pire.

A vous de dire...

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