Même Roxy n’en revient pas. Elle me regarde avec ses grands yeux humides, consciente d’être tombée dans une famille
d’exception.
Je résume :
Vendredi nous sommes (toutes les trois) emmenées de force par une copine à Bordeaux. Je l’avoue, on en mourrait d’envie.
Toute une semaine à travailler loin de chez elle, on lui a offert la pension. Et toute cette semaine, mieux chez nous qu’à l’hôtel, Sandy (ou Sandra pour l’État civil) nous a parlé de sa nouvelle
vie avec sa nouvelle moitié. Bizarre chez l’humain d’avoir des moitiés interchangeables à volonté.
Aïe ! Pas sur la tête mon chaton d’amour que c’est toi que j’aime et
personne d’autre. Je ne parlais pas de moi, évidemment. T’es la seule, l’unique, l’irremplaçable.
Après ce violent intermède dans la rédaction de nos souvenirs…
On arrive dans la nuit, ce qui justifie notre silence soudain, car avec les codes du blog en tête on vous emmène aussi
(bien entendu).
Après une courte nuit, on découvre Bordeaux. Une très jolie ville quel que soit le temps, par chance. La matinée extra
se prolonge dans un bar, où Sandy nous présente d’autres copines. Quatre couples de nanas se retrouvent chez elle pour déjeuner.
On mange un peu, on boit un peu plus (sans véritable excès toute fois). Et la conversation dérape sur la journée contre l’homophobie du 17 mai. Ben oui, même en week-end il nous arrive de réfléchir. Les invitées (sauf nous) s’en vont, non sans nous avoir
invitées à leur tour à une sortie le samedi soir. En fait, elles partent vers 17 heures, ce qui leur et nous laisse juste le temps de se préparer avant de se retrouver.
Sur l’ordi de Sandy, je poste (samedi pour celles qui n’auraient pas suivi) le texte que j’avais préparé pour vendredi.
On fait un tour à quatre dans le quartier vers 18 heures, car on sort sans Roxy. Et malgré tous nos conseils, elle ne sait pas se servir des toilettes comme nous. Quand mon portable se
manifeste.
« C’est l’éditeur ! » Je lui avais demandé de me prévenir dès que la date de sortie de mon bouquin serait
arrêtée.
« Le mercredi 21 mai » m’annonce-t-il.
Je pourrais être contente, seulement notre discussion de l’après-midi titille mon intellect (ne riez pas, j’en ai
un).
« C’est possible le samedi 17 ? »
« Pourquoi ? » me demande l’éditeur qui n’a pas l’air très au fait.
Je lui explique (en priant pour que la batterie ne soit pas à plat avant la fin des pourparlers : 10 minutes) la
raison qui rend cette date est importante à mes yeux. Pourquoi ne pas m’associer, d’une certaine manière, à la journée internationale contre
l’homophobie ? Je n’arrive pas à ne pas me sentir concernée après tout.
« Je ne vous promets rien, mais je vais faire mon possible. Je vous envoie un texto dès que je sais. »
conclut-il avant de raccrocher.
Inutile de vous dire que je suis un paquet de nerfs toute la soirée, et que j’ai du mal à trouver le sommeil. Et comme
je ne dors pas, j’empêche les autres de le faire. Si bien qu’avec Sandy, Cathy (sa femme), Sonia (la mienne au cas où certaines l’auraient oublié) et moi, on passe un peu de temps sur le blog, ce
qui donne le nouvel entête. Puis, enfin vaincue par la fatigue, je m’abandonne dans les bras de Morphée qui a pris l’apparence de mon chaton.
Dimanche midi j’allume mon portable… Vous avez un nouveau message :
« Oui pour le 17 »
Oh ! Jamais je n’aurais cru participer un jour personnellement et activement à cette journée. C’est peut-être
idiot, et plusieurs penseront qu’il s’agit d’un coup de pub opportuniste (je m’en fous), mais je suis heureuse. Le 17 mai 2008, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, Toutes les chattes… sera disponible.
T’as vu Roxy ? Elle est trop forte ta maman.