Une nouvelle fois je vous remercie pour ces messages de symphatie.
Bon ! Cette fois on peut présumer que Roxy est propre, dans le sens où elle ne laisse plus de petites mares jaunâtres dans la maison. « Tant mieux, car je
commençais à fatiguer de devoir me baisser tous les matins pour essuyer tes cochonneries. » La demoiselle s’est pourtant distinguée hier soir. Comme je vous l’ai dit, nous étions invitées,
toutes les trois (ça va de soi, comme dans la chanson).
Belle-maman lui prépare un met au fumet délicat, très chaud car, dit-elle : « cette pauvre petite bête doit avoir aussi froid que nous. » Notre boule
de poils, en digne représentante de la gent canine, se précipite sur sa gamelle.
Le problème, c’est que quand belle-maman dit « c’est chaud », elle ne plaisante pas. En fait, elle pense bouillant. Donc Roxy se brûle dans sa
précipitation (très légèrement, je vous rassure), fait un bond en arrière pour s’éloigner du récipient synonyme de danger, et se retrouve dans les jambes de belle-maman, qui s’apprêtait à verser
une goutte de pastis dans la cocotte contenant un lapin.
Il faut dire que la maman de ma tite Sonia prend son pied à réaliser des petits plats fabuleux. Et une goutte de pastis sur le lapin en train de mijoter, hum…
Donc il en tombe un peu plus que prévu dans la cocotte, belle-maman parvient tout de même à sauver le lapin d’une noyade à l’anis, et préfère renverser le produit
(qui était destiné à tomber de toute façon) sur le carrelage.
Roxy glisse dessus, s’inquiète de la voix de fausset de belle-maman (vous savez, le genre de petite plainte très aigue de celle qui crie sans être vraiment en
colère, qu’aurait plutôt tendance à se retenir de rire). Car notre boule de poils est très bien vue chez les beaux-parents. Sauf que cette fois, la belle-mère n’a plus envie de rire, car Roxy,
affolée par la série d’évènements, s’enfuit dans le salon. Plus elle court, plus belle-maman s’agace, car on suit la bestiole à la trace (marque sur le sol, au parfum saturé d’anis).
Comme d’habitude elle cherche deux bras réconfortants pour se planquer, à l’abri des représailles (même pas courageuse, alors inutile de la penser téméraire). Sauf
que sa maman de prédilection (nan ! J’suis pas jalouse, enfin pas trop, pas autant que vous pourriez l’imaginer) n’est pas dans le salon. Alors, hop ! Un bond la propulse sur les genoux
de beau-papa, qui n’a que le temps d’écarter son verre d’apéro, pour éviter une autre catastrophe.
« Tu les collectionnes, ma parole ! T’es pas sortable. Tu pourrais prendre exemple sur tes parents quand même. » Ces mots je les pense, car j’ai du
mal à me retenir d’éclater de rire.
« Roxy, vilaine fille » que j’entends dans mon dos, là où se tient belle-maman. Et son bonhomme de faire un gros câlin à notre boule de poils, d’ignorer sa
femme, de se fendre la poire, et de parler au bébé chien qui le regarde, les yeux chargés de ce besoin de compassion typique au cocker. L’autre, elle s’en fout, tant qu’on lui prodigue des
caresses.
Roxy, tu comprends maintenant pourquoi on ne t’emmène pas au restaurant ? Une chose est sûre, ma fille, on ne s’ennuie pas une seconde avec toi.
bonne soirée les filles