Il est marrant de noter les comportements dès qu’on aborde le sujet du sexe. D’abord le ou la responsable de l’article tient « sa vérité » comme
universelle, puis les lectrices et les lecteurs se précipitent. Quoiqu’on en dise ouvertement, le plaisir de se faire du bien (il n’y a pas de mal à ça) suscite intérêt et interrogations.
Je n’irai pas ici (et n’insistez pas) dévoiler le ou les chemins qui nous mènent à la félicité. Simplement, nous devons admettre que nous sommes toutes différentes,
uniques (ce qui fait notre charme, n’est-ce pas ?), et que nous ne sommes pas toujours dans le même état d’esprit.
Car il faut le reconnaître, ce qui chez l’homme est purement mécanique : excitation en quelques secondes, mouvement de va-et-vient (par quelque manière que ce
soit) sur le phallus, orgasme éjaculatoire, est chez la femme beaucoup plus complexe. Inutile de nous le cacher, même si la jouissance a des effets physiques, elle émane avant tout de… notre
cerveau, comme le désir.
Montrez une femme déshabillée à un homme, sa réaction sera immédiate. Nous, on a besoin de la réunion de plusieurs facteurs. Ah ! Fermez ces braguettes,
représentants des Postes, par facteur j’entends stimuli du cerveau. Il nous faut du temps, l’ambiance, l’état d’esprit adéquate.
Ensuite ? Tout est histoire de personnalité. Il m’arrive de guider ma partenaire, de la laisser agir à sa guise. Je suis tantôt clitoridienne, tantôt vaginale
(plus rarement), tantôt poupée tantôt joueuse. Il n’y a qu’une vérité dans la sexualité : la recherche de cet état de transe, si merveilleux et si inexplicable à la fois, que certaines
nomment la petite mort.
Avec ou sans pénétration, avec ou sans jouets, la femme est capable de s’abandonner de mille façons. N’est-ce pas là l’important ? Encore un avantage que n’ont
pas les hommes (les pauvres). Car l’éjaculation est, chez eux, toujours synonyme d’orgasme, donc d’aboutissement.
Et si je vous disais qu’avec ma compagne, c’est parfois après avoir joui que nous faisons l’amour véritablement, que nos mains et nos bouches sur des corps repus
deviennent le prolongement de nos cœurs. Car c’est cela aussi être une femme.