J’y crois pas ! Catharina qui traite Carmen, la superbe et unique Carmen, de pétasse insipide ? Tu cherches la bagarre, ma parole. Shane, elle est douée
pour couper les cheveux en quatre, hihi, pour le reste… Dis-nous donc à toutes pendant que tu y es ! Quand tu regardes la série, tu fais quoi de ton autre main ? On veut savoir. Sinon
on balance à Djou que tu veux lui piquer sa copine. Ou c’est p’t-être elle qu’a piqué la tienne. Enfin ! Vous êtes tellement nombreuses à vous partager ses faveurs… Si vous approchez de
Carmen, je mords !
Non, mon chaton ne m’en veut pas d’avoir montré un intérêt (tout relatif et uniquement par l’intermédiaire du PAF. Grrrr… Paysage audiovisuel, bande
d’obsédées) pour Carmen. L’hypocrisie ne sert à rien, et trouver une nana attirante ne signifie pas chercher à tromper sa compagne. Elle saurait bien me le faire payer si je m’avisais de trahir
sa confiance. Je veux aujourd’hui changer de sujet.
Quand, à 6 h mercredi, je suis entrée dans la cuisine, une surprise m’attendait. D’habitude Roxy se précipite, réclame caresses et gentillesses à grands renforts de
gémissements que je m’empresse de calmer à cause de ma tite Sonia, dont je préserve la moindre minute de sommeil.
Rien ce matin, excepté un bruit mat. Je regarde sous la table, là où notre bébé chien a pris l’habitude de se soulager, là où j’en bave pour passer la serpillière
pendant que le café chauffe.
Je me penche donc, et, assise sur un sol sec, Roxy me dévisage. Son embryon de queue tape de fierté contre un pied de la table. Son regard s’illumine, il me semble
l’entendre murmurer :
« T’as vu maman ? J’ai été propre, cette nuit. J’espère que t’es contente. »
Oui, très contente. Je retourne dans la chambre afin de réveiller la meilleur part de moi-même (l’autre), et je fais une halte par la salle de bains. Ma savate
droite dérape, je glisse, je me sens partir en arrière, c’est l’accident. Pitié ! Pas la tête contre la baignoire, j’ai encore plein de belles choses à vivre. Pas de fracture, je n’aime pas
être handicapée. Pas même de douleur, ça fait mal.
Je tombe sur les fesses. Un peu mal mais pas beaucoup, puis j’arrive à me relever en pestant comme une damnée. Soudain, une odeur particulière agresse mes narines.
C’est… Oh non !
« Roxy ! C’est bien de ne pas pisser sous la table de la cuisine. Mais c’est mal de le faire sur le carrelage de la salle de bains, surtout sans prévenir.
Regarde dans quel état je suis, maintenant. J’peux pas aller faire un câlin à ta mère, euh… ma femme, comme ça. »