Je tu elle nous vous elles
Une surprise m'attend, et pas des moindres. Mon petit chaton m'a toujours soutenue, même si j'ai dû attendre longtemps l'autorisation de faire des blogs. Ne riez pas ! Trois années de vie commune ne représentent que les prémices à notre aventure. Pas question de prendre une décision importante sans demander l'avis à l'autre. Et se découvrir sur le net n'est pas une décision importante ? Donc, la surprise prend la forme d'un texte manuscrit. Je sens les hésitations, devine les tremblements. Sonia désire participer. Je lui demande pourquoi elle ne l'a pas tapé, et mis en ligne. "Je veux que tu le fasses, tu sauras trouver les mots". Sa réponse représente une grande marque de confiance. Je vais m'efforcer de ne pas la trahir, tout en respectant l'original au plus près.
J'ai envie de parler d'un problème qui nous concerne toutes, le coming-out. Quand j'ai choisi d'être lesbienne, je ne me rendais pas compte des difficultés. J'avais 17 ans, l'âge de l'inconscience. Mes parents ne se sont jamais doutés de rien. Leur réaction me faisait peur, alors silence.
Puis j'ai connu Jo, j'ai rêvé de stabilité, d'un véritable foyer. Nos sentiments se renforçaient chaque jour, et je ne voulais pas vivre dans le mensonge. Nous en avons discuté entre nous, on passait des soirées entières à envisager le problème sous tous ses angles. Même la compta de son magasin passait après.
Elle m'a présentée à ses parents histoire de m'aider. Ils me connaissaient déjà, et savaient pour nous deux, mais pas à quel point c'était sérieux. Ils l'ont bien pris et se sont montrés très gentils. Voir leur fille se stabiliser les enchantait au contraire. Quand j'ai parlé des miens, son père a eu un haussement d'épaules.
"Ma petite" qu'il m'a dit, "vous devez les rencontrer le plus vite possible. Plus vous tardez, plus ce sera difficile."
On y est allées le dimanche suivant. Mes parents aussi connaissaient Jo, mais ils pensaient qu'on était des copines. La pauvre était aussi nerveuse que moi, alors je l'aimais encore plus de me soutenir, surtout quand ma mère l'a insultée. J'ai pris sa défense d'abord pour affirmer à tous mes sentiments, ensuite pour rétablir la vérité. On a eu droit à un silence gêné, puis à des sourires timides.
Le soir, mon père était parti promener le chien, ma mère nous a expliqué qu'elle s'en doutait car je ne parlais jamais de ma vie privée, que je restais quand même sa petite fille. Puis elle a embrassé Jo sur la joue, et lui a demandé de prendre soin de moi. Bien sûr ils me regardent encore parfois d'un drôle d'air, mais de moins en moins. Et maintenant quand ils appellent, ils demandent toujours des nouvelles de ma compagne.
C'était difficile, mais je suis soulagée. On peut faire des projets, car on sait que nos familles sont derrières.
Un coup de blues, un coup de gueule, envie de témoigner ? Ce blog vous est ouvert.
je vous souhaite à toute les deux autant de joie et de bonheur qu'il est possible d'en avoir !!!
bisoux