l'art et la manière

Inutile de  mentir, je n’aime pas tout le monde. Je déteste même certain(e)s . Je ne me rabaisserai cependant pas ici aux insultes et autres écarts de langage. On peut gueuler en restant polie, non ?
Mardi 30 octobre 2007

Peut-être me direz-vous "un article pour ne rien dire". Alors à quoi sert un blog ? J'aimerai vous parler du jour, plutôt du soir, où mon chaton et moi avons décidé de nous donner la main dans la rue.

 

Un quiproquo dans un bar, une dispute, Sonia fout le camp. Les copines tentent de me rassurer, de remettre le débat sur la gay pride à l'ordre du jour (c'était en 2005), peine perdue. Les heures défilent sans espoir.

Seule dans l'appart – ma douce n'est pas rentrée – la panique s'empare de moi. Je ne peux pas rester là, à attendre un hypothétique signal. Un tour en voiture, et je me retrouve au pied de l'immeuble de ses parents. Il y a de l'eau dans le gaz depuis que Sonia a fait son coming-out, mais peut-être s'y est-elle réfugiée quand même.

Décidée à attendre le matin, je réfléchis, quand un visage ingrat se colle à ma vitre. Imaginez ma peur. J'ouvre la portière à la volée, le type tombe. Au moment de démarrer, deux autres se foutent devant le capot, une arme à la main. Bref, je viens de bousculer un flic qui se demandait ce que je faisais là à 3 h du mat.

La nuit au commissariat, des explications à n'en plus finir, j'en sors à 8 h le dimanche matin. Premier réflexe : appeler à la maison. En vain. Deuxième réaction : foncer chez mes parents.

Maman me fait asseoir dans la cuisine, sèche mes larmes (interdiction de rire), me demande de faire moins de bruit. Merde alors ! Ma copine s'est barrée, j'ai passé la nuit chez les keufs, et on me demande de rester calme. Avouez qu'il y a des jours…

Et ma petite mère m'explique que je dois être attentive à Sonia, que la pauvre souffre à cause du rejet de ses parents, de ne pas lui en vouloir. En un mot, elle se fait son avocate. Eberluée, je lui en demande la raison. Une main ferme prend la mienne, m'entraîne à la porte de ma chambre d'ado inutile depuis que j'ai un appart. Elle me demande une nouvelle fois le silence avant d'ouvrir la porte.

Et là, miracle, mon chaton dort. Sa respiration sifflante prouve les sanglots qu'elle a versés de son côté. En fait, l'amour de ma vie est venu se réfugier chez mes parents aussitôt après notre dispute, consciente de trouver en maman une écoute attentive. Crevée, je me couche aussi. Elle se colle à moi, et me dit avant de se rendormir : "je t'aime".

 

Le soir en rentrant – on a passé la journée chez mes parents – on discute calmement entre le parking et l'appart. Et sa main se glisse dans la mienne dans la rue. Elle m'explique que ma réaction l'a blessée. J'avais cru qu'elle notait le n° d'une nana sur son portable. Sonia me dit : "réfléchis, je le ferais devant toi ?" C'est vrai que je suis conne quand je m'y mets.

Depuis, on se donne la main, ou le petit doigt dans certaines occasions. Mais on se tient. Pas pour se donner en spectacle, juste car on s'aime, et qu'on trouve important de le faire sentir à l'autre.

par Jo publié dans : Nous
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Jeudi 25 octobre 2007

On nous regarde de travers, à cause de notre orientation. Pensez donc, extrêmement choquant deux nanas ensemble. Par contre, certains ne se privent pas de recommander violence et malhonnêteté au grand jour. Voici la preuve en image, plus parlante que bien des mots. Quand certains s'évertuent à prôner la légitimité de leur modèle familiale, voici une "pub" ramassée dans la rue, donc visible par tous.
Concours-Casse.jpgEt on nous demanderait de "faire nos cochonneries" à l'abri des regards ? De qui se moque-t-on. Amour ou violence, que préfère la société ?
night1.jpgEt vous, quelle photo préférez-vous  ?

par Jo publié dans : Nous
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Mercredi 24 octobre 2007

Il est certaines paroles qui traversent le temps, dont la vérité éclabousse défunts et vivants. Permettez à une humble contemplatrice d'abreuver vos consciences par quelques mots du poète René Char, aussi résistant :

"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.

La sagesse est de ne pas s'agglomérer, mais, dans la création et dans la nature communes, de trouver notre nombre, notre réciprocité, nos différences, notre passage, notre vérité, et ce peu de désespoir qui en est l'aiguillon et le mouvant brouillard."

Ha ! Si j'étais aussi douée… pour écrire et résister, amener l'humanité à la tolérance.

 

Il faisait froid, logique pour une fin de matinée de samedi 20 octobre, on était quand même sapées comme des ladies parées pour le "bal des débutantes". Ne riez pas, nous prenions cet évènement au sérieux. Peu de lesbiennes et de gays profitent du pacs, le pourcentage d'hétéros est bien plus élevé. Vous savez pourquoi ? Eux ont le choix, pas nous.

Les décideurs de notre Société ont décrété que deux êtres, qui s'aiment, peuvent s'unir en signant un formulaire au greffe du tribunal d'instance rattaché à leur domicile. Emouvant, n'est-ce pas ? Tout ça parce qu'ils sont du même sexe.

Vous allez rétorquer : "C'était impossible avant, alors de quoi vous plaignez-vous". Honnêtement, vous vous imaginez sceller votre destin à l'élu(ue) sur une table d'acier, dans une salle froide, en présence d'une employée qui n'est pas payée pour sourire ? Le respect de l'autre commence déjà ici.

 

On s'est retrouvés dans une mairie cette fois. Certains élus prennent sur eux de donner une touche humaine à l'évènement. Et nos deux copains ont partagés leur joie avec toutes et tous. Des couples, gays, lez et hétéros mêlés, ont assisté à la cérémonie et fait la teuf. Merde ! On peut s'entendre, éprouver des joies semblables, rire des mêmes blagues, se régaler d'un même gueuleton. Etonnant ce que permet la tolérance. Isn't it ?

par Jo publié dans : Nous
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Lundi 22 octobre 2007

Un petit aparté, pour une mise au point qui me paraît bienvenue. Je visite des blogs, dont chaque article est copieusement souligné de commentaires. Les miens semblent passer dans l'indifférence générale ? Peut-être pas tant que cela. Je sais, puisqu'on me l'a proposé, que beaucoup demandent à leurs connaissances de noter des remarques, de faire en quelque sorte "grimper l'audimat".

Je ne participerai pas à ce genre de… démarche. Quand je lâche un com, je le pense sincèrement. J'aime savoir qu'il en est de même pour ceux que l'on me donne. Je ne vois pas la nécessité de blouser, car l'intérêt du blog est dans sa capacité à séduire des inconnus(ues).

Enfin ! Je suis tranquille pour cette fois, je n'ai pas mis un article en ligne hier soir, mais une page. Donc, pas de coms à attendre.

Vous en parlezon vous écoute

Vous la trouverez en haut à droite. Bien sûr enchantée de connaître vos réactions, je vous laisse libre choix. Vous trouverez dès demain un article plus conforme à la particularité de ce blog.

Bonne journée à toutes, et plein de coms sincères (à lire et à écrire),

Jo

par Jo publié dans : Nous
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Vendredi 19 octobre 2007

Propos de M. Sarkozy au journal Libération, le 12 avril 2007 :

- J'ai expliqué que tout ne dépendait pas de l'acquis, mais qu'une partie pouvait être de l'inné. Dans quelle proportion ? Je ne suis pas savant. Par exemple, quand j'étais enfant, j'étais choqué parce que l'on expliquait, quand un enfant était homosexuel : "Sa mère a eu tort, elle a dormi avec lui". Quand un enfant était anorexique, on disait : "Le père était absent". Quand un enfant était autiste, on disait : "Oh là ! Les parents ont divorcé, cela a provoqué un choc". Depuis, on sait que l'autisme, c'est génétique. Je pense que la sexualité est une identité.

♦ Question : Vous avez dit que vous étiez né hétérosexuel…

- Oui, je suis né hétérosexuel. Je ne me suis jamais posé la question du choix de ma sexualité. C'est pour cela que la position de l'Eglise consistant à dire "l'homosexualité est un péché" est choquante. On ne choisit pas son identité. Vous, à quinze, vous vous êtes demandé : "Au fond, suis-je homosexuel ou hétérosexuel ?"

 

Le 13 avril, le lendemain donc, pour Le Figaro magazine, le candidat dresse des parallèles entre la pédophilie, l'autisme, le suicide et l'homosexualité. D'après lui, chacun de ces "symptômes" trouverait leur explication dans la génétique.

 

Notre président peut réclamer le prix Nobel !!! Vous le saviez ?

 

Quelle honte, M. Sarkozy. Imaginez ce que certains parents d'autistes ont pu penser : "Chérie, on a de la chance, notre fils aurait pu être pédophile ou homo". Vous rendez-vous compte de la portée de vos paroles, d'une telle philosophie ? Dans votre bouche, la génétique semble un moyen d'éluder ce qui vous échappe. Le dernier (au XXe siècle) à avoir fait l'amalgame s'appelait… Adolph Hitler. Remarquez, vous lui ressemblez déjà par la taille. N'est-ce pas génétique ?

 

Vos critiques sur l'Eglise ni changeront rien. Encore heureux, vous avez épargné nos mères en ne leur rejetant pas la faute. Alors si faute il y a faute, M. le président, insinuez-vous que les homosexuels sont un problème (dixit l'Inter LGBT) ?

 

Votre femme vous quitte, M. Sarkozy, je la comprends. Et pour rien au monde je ne chercherai à la remplacer. Ma place de lesbienne me convient bien mieux.

par Jo publié dans : Nous
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Vendredi 19 octobre 2007

Bizarre – et consternant – de voir à quel point le travail, les occupations, la routine contribuent à éloigner deux êtres qui s'aiment et vivent ensemble. Donc un séjour cet été a été bénéfique. Nous sommes revenues pleines d'allant, décidées à ne plus laisser le temps faire son œuvre diabolique, et plus que jamais certaines des lendemains.

L'absence de grosses chaleurs nous a ravies, nous a surtout permis de dormir dans les bras l'une de l'autre. Balades et farniente ont rythmé la semaine. On a même fait l'amour comme des lycéennes dans la nature.

Sonia m'a demandé d'aller seule chercher du lait au village la veille de notre départ. J'ai accepté malgré l'étonnement. Ma compagne, franche et directe, ne s'abandonne jamais à des caprices. Mais les mots tendres et les baisers me forcèrent à accéder à sa requête.

Mon retour fut salué par une jeune fille drapée dans une jolie robe, légèrement maquillée, souriant d'une certaine gravité. Je peinai à reconnaître ma Sonia toujours vêtue en jean, pull ou tee-shirt selon la saison, et rechignant à se "peinturlurer" pour employer son expression. Une table décorée nous attendait. Mon impatience dans la poche, mon mouchoir par-dessus, je laissais venir.

Sa main a glissé sur la mienne à la fin du repas. Le moment de parler arrivait. Ses beaux yeux noisette se sont étirés, ses lèvres se sont relevées. Personne ne joue à l'homme dans notre relation. Je vous l'ai dit, j'aime les femmes et suis moi-même très féminine. Sa tenue vestimentaire inhabituelle servait à me rassurer. J'ai vu sa poitrine se gonfler d'air, et entendu sa voix devenir grave, typique de l'amoureuse que j'avais rencontrée trois ans plu tôt à la gare de Nantes. Je cite ses mots exacts, car leur simplicité les a gravés à tout jamais dans mon cœur : "tu veux qu'on se pacse, en attendant mieux ?"

Je ne sais pas combien d'entre vous ont déjà pleuré de joie. Ça m'est arrivé ce soir-là.

 

Ce petit passage de ma vie en fera peut-être rire certaines, tant pis. Construire un couple est difficile, un couple lesbien plus encore. Alors pardonnez-nous de nous accrocher à ces petits riens qui font toute la différence.

par Jo publié dans : Nous
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Mardi 16 octobre 2007

Ecrivain-écrivaine, auteur-auteure, le tout assaisonné à la sauce lesbien ou lesbienne, selon le genre. De très grands hommes ont su porter haut nos couleurs dans un évident souci d'humanisme, de logique. Des femmes ont, pendant ce temps, acquis une notoriété méprisable à nous dénigrer.

 

Permettez-moi de prendre le dictionnaire, afin de vérifier quelques définitions, avant que je ne passe à mes propres yeux pour une attardée ou une manipulatrice.

Lesbianisme : homosexualité féminine.

Féminisme : doctrine favorable à la défense des intérêts propres aux femmes, et à l'extension de leurs droits.

Unisexe : qui convient indifféremment aux hommes et aux femmes.

 

Partant du principe que la richesse de la langue française permet d'éviter les écueils, ma féminité (tiens, je n'ai pas traduit celui-là) s'exprime aisément. Je ne suis pas un auteur, ni une auteure. Je suis auteur, point final. Et pour le reste, me direz-vous. Je suis auteur, engagée dans l'évolution de la littérature lesbienne. Et hop ! Le petit e qui fait la différence est placé. N'est-ce pas joliment formulé ainsi ?

 

Quel intérêt à faire valoir un égalitarisme aussi déplacé, disperser nos forces dans des revendications mesquines, faire étalage d'une sensiblerie frisant le ridicule. Certains mots possèdent les deux genres, d'autres sont masculins ou féminins, d'autres encore s'en passent. Apprenons plutôt à parler juste, si nous voulons nous faire entendre.

 

Féministe au sens propre du terme, militante de base, lesbienne, je refuse de me comporter avec sexisme. L'égalité ne signifie pas la supériorité. La tolérance doit s'appliquer à toutes et à tous. Sans ce respect mutuel, aucune liberté n'est possible. En aucun cas le féminisme ne doit devenir discriminatoire.

 

Les groupes de pression en faveurs des femmes et ceux en faveurs des hommes sont également détestables, car ils jouent le jeu des homophobes dans les deux cas.

 

Certaines n'y avaient pas pensé ? Dommage.

par Jo publié dans : Nous
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A lire, à retenir

Présentation

Un peu de moi

  • : Jo
  • je-tu-elles
  • : J'aime les femmes ? Et alors, ça aurait pu être pire.

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Jo.borrel@hotmail.fr

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