PS : si vous avez une idée ou un souhait pour l'avatar, n'hésitez pas à nous le faire parvenir.
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Permettez à une humble
contemplatrice d’abreuver vos consciences par quelques mots du poète René Char, aussi résistant :
Un blog a attiré mon attention. Oui, je suis une incorrigible curieuse. Pourquoi ne pas laisser le soin à Parma, Alba et
Cherry le soin d'enrichir votre univers de bloggeuses ? On y parle de femmes, c'est vrai. De lez ? Aussi. Mais surtout on y parle
entre femmes.
Un site qui dépasse la conception hormonale du genre, qui donne envie de lire et relire des textes soignés, chargés de vie et d'humour.
Voici donc l'adresse de ce petit bijou du genre :
http://gaizelles.over-blog.com
Bonne visite à toutes (et aux petits curieux). Fidèlement vôtre,
Jo
Bonjour Jo
Je m'appelle Amandine et j'ai 22 ans. Je ne sais pas pourquoi je t'écris, je suis tombé sur la page de ton blog par hasard. Peut-être tu pourras me conseiller. J'ai eu une enfance tranquille, assez heureuse. je suis sortie avec des garçons à partir de 15 ans. Je trouvais ça normal et les filles ne m'intérressaient pas. Jusquelà tout va bien. Mais il y a quelques mois, après une rupture qui a fait très mal, une copine m'a vachement aidé à surmonter ma déception. On passe beaucoup de temps ensemble, presque tout le temps en fait. Et pour te dire la vérité, j'en suis tombée amoureuse. Elle aussi même si elle en parle pas. Il y a des choses qu'on ressent. Je sais par exemple qu'elle (je préfère pas dire son prénom) vient de larguer son copain sans raison.
On a dormi toutes les deux chez elles dans son lit samedi dernier. Juste dormir. En fait moi j'ai fait semblant. Ma copine n'a pas arrété de se retourner toute la nuit comme si elle était énervée. Elle collait son dos au mien et ça me faisait plaisir. Le matin on osait même pas se regarder en prenant le petit déj. je crois qu'elle était aussi génée et moi aussi. Ensuite elle m'a demandé si j'avais quelque chose contre les lesbiennes. Bien sur j'ai dit non, et c'est la vérité même avant que je tombe amoureuse d'elle.
J'aimerais que tu me conseilles car j'ai lu tes articles et ils sont vachement bien. Tu dis des trucs qui sont importants. Tu peux publier mon message si tu veux. Merci de me répondre.
Interruption, pas abandon. Notre ordinateur a rendu l'âme. Un nouveau en place permet de repartir du bon pied. Désolée de cet incident, je vous promets très bientôt de nouveaux articles.
Bises à toutes, Jo et Sonia
La seconde partie de mon "parcours initiatique" commence donc par la visite chez la gynéco. Je ne vous en dis pas plus, à vous de découvrir.
… La vieille desséchée n'avait pas plus de 30 ans, travaillait à son premier poste dans un cabinet établi. Ses longs cheveux blonds coiffés en chignon ne parvenaient pas à l'enlaidir. Le regard bleu derrière les lunettes à fines montures se montrait rieur souvent, charmeur à l'occasion.
L'examen restera mon tout premier souvenir d'un plaisir énigmatique, entaché tout de même par le gant de latex entre nos deux peaux. Mes seins et mon sexe voulaient imprimer l'empreinte de ses doigts, ne plus l'oublier.
Après des semaines de fantasme et de fantaisies solitaires en repensant à « mon docteur », un prétexte bidon nous réunit de nouveau.
- Le résultat du frottis vaginal est normal. Vous pouvez vivre votre vie de femme.
La raison de l'appel au secours se tenait au contraire dans l'incapacité à assouvir mon désir.
- Vous avez choisi une méthode de contraception ?
- Non.
- Il faudrait y penser. Le préservatif présente l'avantage de protéger aussi contre les maladies.
Parler de sexe avec elle ne me gênait pas. Une occasion de me découvrir sans donner l'impression de draguer s'offrait au contraire, que je n'allais pas laisser passer. Pourquoi ne me demandait-elle pas de me déshabiller ?
- Ça ne sert à rien.
- Oh ! Vous voulez entrer dans les ordres ?
- Non, mais… Tout ce qu'on dit restera entre nous ? Vous n'en parlerez pas à mes parents ?
Le sourire charmeur me fit fondre. Rien à voir avec celui de la carnassière rencontrée dans le bus.
- Non, c'est strictement confidentiel.
Le moment guetté avec impatience se présentait enfin, et je restais coite à ne savoir comment m'y prendre.
- Je n'aime pas les garçons.
Impression ou réalité, le sourire se figea sous les lunettes à fines montures, la main droite joua avec l'alliance à la main gauche. Elle en aimait au moins un, le message était clair. Mon tout premier fantasme s'évanouissait dans un après-midi gris tombant sur Paris.
- Vous devrez opter pour les préservatifs féminins. Ils sont un peu chers, mais protégez-vous dans tous les cas. Certaines maladies se transmettent entre femmes. Un pharmacien n'ira pas non plus en parler à vos parents.
On me parlait d'affections, de pathologies, alors que seule m'intéressait de savoir quand et avec qui sauter le pas.
- Je n'ai pas encore…
La gentillesse revint devant ma gêne. La main ornée de l'alliance se planqua sous le bureau.
- Rassurez-vous, ça viendra. Mais je vous conseille quand même d'avertir votre famille. L'homosexualité n'est pas une maladie.
Allez le faire comprendre à une société moraliste, dont la doctrine reste encore la phallocratie abusive. Nous sommes si niaises qu'on nous refuse le droit ou la capacité d'exister par nous-mêmes ?
- Vous pouvez y aller.
Il n'y aurait pas d'examen aujourd'hui, un autre souvenir pour me tenir chaud dans le froid de mes nuits.
Première fois il y eu, pas des plus faciles à raconter. Car notre monde est ainsi fait, que chaque acte doive se justifier par des mots. Ayez donc la bonté de pardonner à celle dont la naïveté ressemble à s'y méprendre à une maladresse.
« Nous avions 16 ans d'âge, 0 pointé d'expérience. La vie trahissait alors nos rêves les plus secrets, tempérait nos plus impétueuses ardeurs, muselait les révolutionnaires en herbe.
Qui sait pourquoi nous nous sommes trouvées au bord de la déprime dans cet endroit gai, perdues sans joie parmi les rires des autres, abandonnées dans la multitude.
Tes parents absents pour la soirée ou pour la nuit, tu m'as invitée dans ton repaire. Aussi affranchie que toi, je me suis empressée d'accepter. Main dans la main nous avons filé.
Le verre de trop avalé, l'état d'ébriété avancé, tu as pleuré tes malheurs sur mon épaule. Ta tristesse ressemblait à ma solitude, mon désarroi grandit de ton incertitude. Après le vin, la messe était dite.
Nulle ne l'a vraiment cherché, nous nous sommes pourtant trouvées. Gorges nouées par des mots inutiles, nos bouches se sont employées à passer outre. Et nos mains ne surent rester sages.
Ce qui fut pour toi un retour à la vie, restera pour moi une naissance, animale, effrayante dans sa simplicité. Le canapé nous offrit une place de choix, devint le théâtre de notre folie balbutiante.
Seins contre seins, bouches ouvertes, langues entrelacées, nous sommes parties en aveugle à la découverte d'un univers délimité par notre seule audace. Une fougue maladroite finit par avoir raison de notre tristesse, de notre faiblesse, de nos ultimes réticences.
Timidité peut-être, secret désir de retarder l'inéluctable, tu m'as entraînée dans ta chambre. L'univers coloré me ravit, sa simplicité me combla. La petitesse du lit fit le reste.
Nous nous sommes retrouvées afin de boire à la source, de goûter le miel amer. Comment faire ? Il y avait si loin de la coupe aux lèvres. Ta blessure saignait d'un sang incolore, pleurait d'être consolée, comme ton cœur plus tôt.
Ton souffle oppressé sur ma plaie prouvait ton émoi. La fragrance de tes effluves brisa un dernier tabou. Et par un hasard merveilleux, nous avons osé ensemble.
Chacune a reproduit les gestes de l'autre. A découvrir ton trésor, je regardais le mien. Perdue dans les chairs offertes, ton désir m'a guidée sur les écueils de la déraison.
Ta saveur ressemblait à un grand cru, laissait dans ma bouche un goût de fruits rouges et de baies sauvages. Plus je te buvais, plus j'avais soif de toi.
Incapables d'apaiser par ce seul moyen nos sens avides, on fit à l'autre ce que chacune mûrissait dans l'inconscience de son intimité.
Nos râles étouffés dans les nymphes moites devinrent cris de démence. Combien de temps encore avant de franchir le cap de Bonne Espérance ?
J'ai joui, tu as joui. Nous avons joui, en larmes d'avoir osé, d'avoir gagné, de ne rien regretter.
Un rire fit retomber la pression, quand tu m'es apparue la bouche brillante. Tu as ri aussi de la raison de mon menton trempé.
Un dernier baiser nous permit de tout partager. Puis, sans un mot, tu t'es blottie dans mes bras afin de dormir.
Le matin, comme si de rien n'était, tu as téléphoné à ton petit copain. Je n'en avais pas et n'en voulais plus.
Je t'ai laissée partir vers un homme, je suis retournée dans un endroit très gay. Nous avions 16 ans. »
Où et qui draguer quand des parents, bien que tolérants, s'attachent à l'éducation au sens large de leur progéniture. Ils me laissaient seule à la maison une nuit de temps en temps, du vendredi au samedi, trop rarement à mon goût. Le contrat tacite régulant les sorties hebdomadaires comportait en close principale une heure de rentrée obligatoire.
Mon gaydar encore à ses balbutiements restait silencieux. S’il m’arrivait d’emprunter les chemins du Marais, le manque d’audace devenait un handicap. Combien de prédatrices à l’image de Michèle écumaient le quartier ? Leur conduite me semblait si malsaine à l’époque. Je me contentais donc d’une discrète observation des lieux de drague lesbiens, de loin, sans oser y pénétrer.
Au lycée ? Certaines osaient s’afficher dans la cour et aux abords, avec la désinvolture propre à l’adolescence. Il m’eut été facile de les rejoindre, de trouver aussi une petite copine. M’en privaient les pathologiques « t’as vu ces gouines ». Des regards suspicieux les suivaient jusqu'à la porte des toilettes. Quelle bande d'hypocrites ! Toutes les filles y ont toujours été à plusieurs, même les plus sages.
Condamnée à une dramatique abstinence après la plus importante révélation de ma jeune existence ? C'était mal me connaître.
Nous passions beaucoup de temps entre nanas. Les sujets de discussion variaient. Un peu le bac, pas mal les garçons (je m'efforçais de participer), beaucoup la musique et surtout les fringues. « T'as vu une telle… Comment je me sape ? » Bref, on aurait pu monter un standard téléphonique. Les groupes éclataient parfois, alors on se retrouvait à deux. Et là…
Les « remontées contre les mecs » formaient l'essentiel de mes proies. La trahison du petit ami, le simple doute parfois, suffisait à déclencher le mécanisme.
- Tas vu ce salaud, comment il me traite ?
- Oh oui, ma pauvre.
S'en suivait une valse de compassion, de compréhension, d'adhésion à la solidarité féminine.
- Arrête de pleurer. Ils ne savent pas nous comprendre, ils ne le sauront jamais.
- Qu'est-ce que je vais devenir ?
- Viens avec moi.
Puis les compliments attaquaient la forteresse, imprenable signifiait mal abordée. Sans en prendre conscience, j’adoptais le comportement de Michèle.
- Tu mérites mieux. Une fille intelligente comme toi doit réagir. T'es jolie quand tu souris.
- C'est vrai ?
- Oui. Je vais essuyer tes beaux yeux.
Quand l'appel des sens supplantait la tristesse, je savais me tenir aux aguets.
- Tu ne vas pas replonger, il va te faire souffrir... Ils sont tous pareils, tu sais.
- Mais je ne veux pas rester seule.
- Laisse-moi m'occuper de toi… Viens que je te console, viens que je te câline… C'est la première fois que ça m'arrive, tu sais… Tu me plais.
Peu s'enfuyaient. Beaucoup acceptaient l'expérience avec candeur. Certaines revenaient sur la pointe des pieds, afin de la réitérer sans que personne ne remarque. Dans tous les cas, la fin obéissait aussi à un rituel.
- Qu'est-ce qu'on a fait ! Je suis désolée. Tu ne m'en veux pas, j'espère.
- Non, ce sera notre secret.
Un petit couplet larmoyant attirait la sympathie ou la pitié, peu importait.
- T'es sûre ? Je ne suis pas comme ça. Je voulais juste te consoler, et…
- Je sais, ne t'inquiète pas.
- T’es sûre… Car c'était vachement bon.
Vanter leurs dispositions au lesbianisme suffisait. Alors on se quittait bonnes amies, leur silence garantissait le mien. Et mon tableau de chasse s'étoffait en secret.
17 ans en terminale, bientôt le bac pro. La drague devenait un exercice amusant, l’expérience engendrait le courage. La discrétion entourant mes amours magnifiait chaque rencontre, lui donnait une saveur unique. Le jeu consistait à apprendre lors de balades dans les quartiers chauds, puis de mettre les leçons en application au lycée.
Aline me faisait flasher depuis quelques temps avec un visage poupon encadré par de beaux cheveux châtain clair. Ses grands yeux bleus paraissaient des lacs dans lesquels je plongeais aussi souvent que possible. Son copain commit l'imprudence de la tromper au cours des vacances de Pâques, occasion à saisir.
Mon statut passa aussitôt de copine à celui de confidente consolatrice. On faisait régulièrement nos devoirs ensemble, mes parents téléphonaient aux siens, l'invitaient à dîner, puis ma mère la raccompagnait. Nos liens se resserraient. Celle-là, je voulais en tomber amoureuse, et ne plus la laisser repartir en bafouillant une poignée d'excuses.
Après la Pentecôte, « Créatures célestes » de Peter Jackson occupa un mercredi après-midi. Une amitié passionnée entre deux jeunes filles, réprouvée par leur entourage, coûta un max de mouchoirs en papier. Mais la projection eut l'effet escompté. Bien sûr, je connaissais le film par cœur, le choix n’avait rien d’anodin.
Aline se laissa apprivoiser. Nous étions collées l'une à l'autre dans le canapé au bout d'une demi-heure. Ma bouche se posait sur la sienne dix minutes plus tard. Le raidissement ne dura pas, ma proie s'alanguit bientôt, accepta puis réclama caresses et baisers.
Oh malheur ! Maman nous surprit, nues jusqu'à la taille, chacune la main dans le pantalon de l’autre.
La belle au doux regard s'enfuit empêtrée dans une litanie d'excuses ridicules, piétinant les rêves d'attachement partagé, beau, puissant, éternel, l'apothéose à une carrière balbutiante. Je restais à chialer sur un sort injuste, incapable d’accepter ce monde qui refusait de me comprendre. Quelle honte y avait-il à aimer ses semblables ? Pourquoi faire un drame d'un choix de vie ?
Aucun reproche face aux larmes chaudes, la crise de nerfs. Sa main caressa ma joue là où j’attendais la gifle. Ma mère m'offrit un câlin, de ceux accordés à une petite fille meurtrie par une chute de vélo. Elle pleura aussi, non de la découverte de mon homosexualité, plutôt de ma tristesse douloureuse devant ces années perdues.
Le lendemain au petit déjeuner, mon père m'embrassait sur le front pour la première fois depuis bien longtemps. Ma délicieuse maman lui avait expliqué avec des mots choisis, sa patience de femme amoureuse. Là non plus aucun reproche, le silence reflétait le respect, pas l’accusation, encore moins un rejet que je n’aurais pu supporter de leur part. Mes notes s'améliorèrent, je perdis mon image de rebelle.
Un premier emploi entraîna une liberté nouvelle, dont les contours se dessinèrent rapidement. Tant que je restais avec des « consœurs », tout allait bien. La fréquentation régulière de certains lieux offrait l'opportunité de faire des rencontres. Deux groupes bien distincts m'ouvraient les bras au bout de quelques temps.
Les bars réservés aux lesbiennes permettaient de draguer, ou de se laisser courtiser, sans trop de risques. La deuxième option me séduisit au début. On me chouchoutait, prenait soin de ne pas me brusquer, passait des caprices à faire pâlir une impératrice d'envie. Les amantes potentielles constituaient le premier groupe. Une réputation de fille facile m’indifférait dans la quête du plaisir.
Une autre tribune réclamait toutefois mon attention. Une poignée s'acharnait à refaire le monde avec de grandes tirades volées aux philosophes. On mélangeait allègrement sexisme et sectarisme, droit à exister et pouvoir de mener le monde. Les couples formés dans ce groupe semblaient solides, alors pas question de séduire à tout va.
Le désir de recruter mes courtisanes personnelles s'insinua rapidement, car on cessa bientôt de prendre soin de la « petite nouvelle ». D'autres lieux héritèrent de ma préférence, afin de donner toute latitude à une libido débordante. Joëlle Borrel devint redoutable Diane chasseresse, jusqu'à la rencontre de cette fin d'après-midi de samedi ensoleillé.
Peut-être me direz-vous "un article pour ne rien dire". Alors à quoi sert un blog ? J'aimerai vous parler du jour, plutôt du soir, où mon chaton et moi avons décidé de nous donner la main dans la rue.
Un quiproquo dans un bar, une dispute, Sonia fout le camp. Les copines tentent de me rassurer, de remettre le débat sur la gay pride à l'ordre du jour (c'était en 2005), peine perdue. Les heures défilent sans espoir.
Seule dans l'appart – ma douce n'est pas rentrée – la panique s'empare de moi. Je ne peux pas rester là, à attendre un hypothétique signal. Un tour en voiture, et je me retrouve au pied de l'immeuble de ses parents. Il y a de l'eau dans le gaz depuis que Sonia a fait son coming-out, mais peut-être s'y est-elle réfugiée quand même.
Décidée à attendre le matin, je réfléchis, quand un visage ingrat se colle à ma vitre. Imaginez ma peur. J'ouvre la portière à la volée, le type tombe. Au moment de démarrer, deux autres se foutent devant le capot, une arme à la main. Bref, je viens de bousculer un flic qui se demandait ce que je faisais là à 3 h du mat.
La nuit au commissariat, des explications à n'en plus finir, j'en sors à 8 h le dimanche matin. Premier réflexe : appeler à la maison. En vain. Deuxième réaction : foncer chez mes parents.
Maman me fait asseoir dans la cuisine, sèche mes larmes (interdiction de rire), me demande de faire moins de bruit. Merde alors ! Ma copine s'est barrée, j'ai passé la nuit chez les keufs, et on me demande de rester calme. Avouez qu'il y a des jours…
Et ma petite mère m'explique que je dois être attentive à Sonia, que la pauvre souffre à cause du rejet de ses parents, de ne pas lui en vouloir. En un mot, elle se fait son avocate. Eberluée, je lui en demande la raison. Une main ferme prend la mienne, m'entraîne à la porte de ma chambre d'ado inutile depuis que j'ai un appart. Elle me demande une nouvelle fois le silence avant d'ouvrir la porte.
Et là, miracle, mon chaton dort. Sa respiration sifflante prouve les sanglots qu'elle a versés de son côté. En fait, l'amour de ma vie est venu se réfugier chez mes parents aussitôt après notre dispute, consciente de trouver en maman une écoute attentive. Crevée, je me couche aussi. Elle se colle à moi, et me dit avant de se rendormir : "je t'aime".
Le soir en rentrant – on a passé la journée chez mes parents – on discute calmement entre le parking et l'appart. Et sa main se glisse dans la mienne dans la rue. Elle m'explique que ma réaction l'a blessée. J'avais cru qu'elle notait le n° d'une nana sur son portable. Sonia me dit : "réfléchis, je le ferais devant toi ?" C'est vrai que je suis conne quand je m'y mets.
Depuis, on se donne la main, ou le petit doigt dans certaines occasions. Mais on se tient. Pas pour se donner en spectacle, juste car on s'aime, et qu'on trouve important de le faire sentir à l'autre.
Homosexualité : "il est bien que cela reste en marge"
Vous ne rêvez pas, cette petite phrase trouvée sur le web a été dite, sans doute aussi pensée, par une nana. Je vous décris la scène. Un bloggeur (ne le cherchez pas sur Over-blog) a rédigé un article qui dit à peu près ceci : "J'ai déchiré ma carte du F.N. à cause de la position de Jean-Marie Le Pen sur l'homosexualité. Moi-même gay, je ne supporte pas cette opinion."
Loin de moi l'intention de juger cet homme sur ses points-de-vue politiques, d'agir ainsi de la manière dont ces gens nous traitent. Je leur laisse le monopole de l'hypocrisie, car j'arrive à m'en passer aisément. Ce qui me fait bondir, c'est un commentaire à cette note. Evitons le "copier/coller" qui ne serait pas correct, et traduisons le message :
"Je désire répondre à votre désappointement légitime. Sympathisante du Front National (écrit par cette dame en toutes lettres, des fois que les bloggeurs de gauche seraient ignares sans doute), je n'ai rien contre les homos (vous noterez ici le raccourci péjoratif). Ce qui est dommage, c'est d'en parler autant dans les médias. Il est normal qu'ils (je pense qu'il s'agit de nous) soient mis de côté, acceptés, cependant à part de la société, comme les adultères chez les hétéros."
S'en suit une remarque notée en grosse lettres sur les relations adultérines de Chirac, passons. Puis une phrase disant que les enfants sont déjà assez déstabilisés comme cela. Désolée, je manie la langue française avec une certaine aisance. Il est donc facile de comprendre que parler d'homosexualité risque de les déstabiliser davantage. Et pour finir… c'est trop fort, je recopie intégralement les dernières lignes :
"Il faut avouer que cela reste contre nature. Une humanité d'homos et il n'y a plus d'homos… Revenez au Front National car les pires intolérants ne sont pas chez nous."
Zut alors ! Je ne l'aurais pas cru. Où se niche l'imbécillité ? Car sans hétérosexualité, pas d'homosexualité possible. Quoique, les banques de sperme étant pleines (je plaisante, Messieurs). Quant à l'intolérance, il y aurait beaucoup à redire chez certaines. Et quelques plateformes de blogs feraient bien d'envisager l'emploi de modérateurs.
Permettez-moi de vous présenter un blog que Sonia et moi connaissons depuis peu, mais que nous adorons : je suis sage, je joue avec mes copines.
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bon appétit. Ah ! J'allais oublier l'adresse du restaurant :
http://jesuissage.over-blog.com
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